
On a tendance à sous-estimer le temps requis pour préparer sa relève car l’expérience nous apprend qu’il faut compter de 5 à 10 ans pour le faire, du moment où on commence à y penser jusqu’au moment où on peut laisser les reines à ses successeurs. C’est pourquoi on conseille aux entrepreneurs de commencer à y penser dès l’âge de 50 ans.
Le dirigeant doit tout d’abord envisager ses différentes options, clarifier ses intentions et sa vision pour ensuite s’entourer de ressources professionnelles en fonction de ses besoins spécifiques. Il doit planifier ses communications à son entourage (quoi, à qui, quand, comment), analyser la situation financière des acteurs et la situation d’affaire de l’organisation, évaluer le profil de compétences de la relève et identifier ses besoins de développement, planifier les aspects fiscaux du transfert de même que le financement pour finalement mettre en place un plan de transfert.
Il est impératif de préciser tout d’abord les besoins de l’entreprise pour déterminer par la suite le profil de dirigeant qui sera requis pour les années futures. En effet, personne n’est gagnant si la survie de l’entreprise n’est pas assurée. Dans tous les cas, des compétences générales sont quand même requises comme la vision, la confiance et le leadership. On peut ensuite évaluer les compétences des candidats en les observant évoluer à travers leurs mandats ou en faisant appel à des spécialistes de l’évaluation du potentiel de gestion.
Une fois la relève identifiée, on peut élaborer un plan de développement formel adapté aux compétences spécifiques à développer. Le plan peut comporter des activités variées telles des formations, stages externes, assignations internes, projets spéciaux. Un mentor interne ou un coach externe peuvent aussi être d’une grande utilité pour développer des compétences de gestion. Dans tous les cas, il faut penser à varier les connaissances de la relève et à le placer dans des situations gagnantes.
Les statistiques nous démontrent que les chances de succès sont plus grandes lorsque l’on vend son entreprise à ses enfants, sans doute parce qu’ils sont davantage en mesure de perpétuer les valeurs mises en place par le prédécesseur. Toutefois, il ne s’agit pas d’une règle absolue; dans certains cas, il est préférable de vendre son entreprise à des employés ou à des investisseurs externes, par exemple lorsque les enfants ne possèdent pas les compétences requises.
Idéalement, le prédécesseur pourrait agir à titre de mentor pendant un certain, permettant de faciliter la transition et de développer les compétences de la relève. Il faut alors bien s’entendre sur une vision commune et sur la répartition des responsabilités. Dans certains cas toutefois, la personnalité du prédécesseur et/ou de la relève ne permet pas ce type de cohabitation.
Tous les experts et tous ceux qui ont vécu un transfert d’entreprise s’entendent pour dire qu’une bonne planification de même que le recours à des professionnels représentent les principales clefs du succès. Ceci permet d’éviter les décisions émotives, de préserver l’harmonie, de prévoir tous les détails financiers et, au bout du compte, de réaliser des économies importantes.
Nous pouvons compléter les services offerts par votre comptable en vous aidant à préciser vos intentions, planifier vos communications, évaluer la relève, développer leurs compétences, gérer des conflits, adapter votre structure organisationnelle et votre style de gestion à la situation. Au besoin, nous pouvons vous référer aux fiscalistes et aux experts en évaluation d’entreprises de Raymond Chabot Grant Thornton.

