Il est vrai que les récessions passent et ne se ressemblent pas, à tout le moins pour ce qui est de l’élément qui les déclenchent. Une chose est certaine cependant: elles amènent toujours les organisations à se remettre sérieusement en question et à se serrer les coudes. Bien que la question financière occupe généralement le haut du pavé en de telles circonstances, le désir de mieux faire les choses s’exprime également d’une voix plus forte et répandue dans l’organisation. Des façons de faire ou des comportements qui étaient acceptables ou acceptés avant la récession ne sont plus, tout à coup, aussi bien reçus ou perçus. On peut, en tant que membre de la direction, s’en offusquer ou se mettre sur la défensive, mais pour les organisations qui aspirent à sortir plus fort d’une récession, il y a là une opportunité d’agir et de se transformer qui est difficile à ignorer.
En l’absence de récession ou en période de croissance continue, la direction ne fait pas face aux contraintes associées à une période de crise. En période dite “normale”, on a une bonne idée, les ressources humaines et financières pour la développer et la mettre en marché, et nous nous soucions principalement de la faisabilité et de la rentabilité d’aller de l’avant ou non. Le leadership exercé dans un tel contexte est davantage de nature opérationnelle: nous allons de l’avant pour telle raison et résultat, ou nous attendons ou nous annulons pour telle autre raison. En situation de crise et d’après récession, la nécessité de survivre vient sérieusement brouiller les cartes. Les tenants d’un leadership opérationnel n’ont plus autant la cote. Émergent alors des leaders parfois plus discrets et en mesure non seulement de montrer comment se serrer les coudes (dans tous les sens de l’expression, pas uniquement financier), mais aussi d’expliquer le pourquoi, tout en nous rassurant.
Les récessions ont le don souvent de nous fouetter dans nos convictions et dans nos croyances. Elles permettent, pour les organisations qui sont attentives et réceptives, l’émergence d’un leadership davantage collectif et porté sur le développement à moyen et à long terme de l’entreprise. En somme, il est tout à fait possible pour “leadership” et “récession” d’aller de pair. C’est une question d’opportunité et de confiance dans des joueurs clés qui peuvent nous surprendre positivement en situation difficile.
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